• Valérie Bracchi Art-thérapeute

Comment l'art-thérapie peut soutenir les personnes atteintes de lésions cérébrales ?

Dernière mise à jour : mars 29

La réponse en 4 mots : Création, Mouvement, Expériences, Langage universel

art-thérapie, lésions cérébrales

C’est la survenue d’un évènement traumatique qui est le plus souvent à l’origine d’une lésion cérébrale et de ses conséquences.

Cet évènement marque une rupture entre la vie d’avant et la vie d’après.

Entre deuil de la vie d’avant et création d’une autre vie, l’art-thérapie en tant que thérapie du faire est particulièrement adaptée.


1- Créer est un processus fait de va & vient multiples entre création et destruction, ces deux extrêmes intégrant en elles toute une variété de nuances de transformation.

Créer c’est faire. Créer c’est aussi défaire, transformer, ajouter, enlever, agrandir, réduire, colorer, décolorer, unifier, rassembler, couper, déformer, décupler, dupliquer, détruire, recommencer, s’inspirer, partager, choisir, décider, accepter, s’émerveiller ….


2- La création, dans toutes ces actions, est mouvement de la matière, du corps, de l’esprit, procurant sensations et émotions.

Lorsque la vie semble s’être arrêtée brutalement, se (re)mettre en action peut paraitre inaccessible. Or quelque soit le médium, en art-thérapie d’ateliers en ateliers, la personne crée, construit, réalise des oeuvres, visibles ou immatérielles, toutes inscrites dans cette nouvelle vie comme des expériences vécues. Dans l’atelier, le patient cérébro-lésé est dans un mouvement de vie par ses créations.

Par l’acte de créer dans le cadre sécurisant d’un atelier d’art-thérapie, le patient (ré)apprend à avoir confiance en ses capacités, à accepter ses limites, à contourner les difficultés, à faire avec ce qui est là, à (re)construire une estime de soi, à (re) trouver un sens à cette vie d’après.


3- C’est en faisant et en expérimentant que se développe notre identité : l’art-thérapie permet de mettre en formes dans la création les parts de soi, inconnues ou nouvelles.

La personne atteinte d’une lésion cérébrale a perdu une partie de ses aptitudes brutalement avec l’évènement traumatique. Elle perd aussi une part de ce qui faisait son identité et se reconnaître dans une nouvelle enveloppe psycho-corporelle prend du temps.

Ce que je sais de qui je suis, je le sais par les expériences que j’ai vécues dans ma vie, par ce que j’ai découvert sur moi à travers ces expériences et aussi par ce que les autres disent de moi et par les regards qu’ils me portent.

L’art-thérapie permet de créations en créations de se découvrir, de faire la connaissance de ce nouveau soi, cette nouvelle identité faite du même et du différent. L’évènement traumatique n’a pas détruit entièrement l’ancienne identité ; il a modifié certains traits de caractères, gommé d’autres, amplifié certains, créé de nouveaux, mis en lumière des parts inconnues ….

L’art-thérapeute grâce aux consignes permet au patient de se révéler, pour accueillir et aimer ces zones méconnues voire inconnues. L’art-thérapeute permet aussi au patient de se voir dans son regard reflétant un accueil inconditionnel ; ainsi, petit à petit, le patient peut aussi se porter un regard bienveillant. La relation interpersonnelle entre le patient et le thérapeute est aussi une composante essentielle du cadre thérapeutique.


4- L’art est un langage universel

S’exprimer par la parole lorsque vous faites face à des troubles de la communication et lorsque vous vivez une situation douloureuse peut être vécue comme une double peine.

L’art-thérapie contourne les difficultés du langage verbal : c’est une thérapie non-verbale, le langage utilisé est celui de l’art, l’expression artistique ; de plus le processus créatif est l’objet de la thérapie et du soin, l’esthétisme de l’oeuvre créée importe peu.



Pour en savoir sur mon approche en art-thérapie, rendez-vous sur la page Art-thérapie à Marseille



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